Gentilissimi colleghi,
purtroppo la vicenda Benigni mi ha confermato nell'opinione che ho sempre avuto dell'attuale presidente della Repubblica: che la sua gestione partigiana, cioè, letteralmente, "di parte", delle nomine che rientrano nelle sue prerogative (membri degli ordini cavallereschi dello Stato, senatori a vita, giudici costituzionali) non sia affatto accettabile. Ma per quanto riguarda le onorificenze concesse ad attori, è sempre interessante ricordare il caso Crescentini.
Napoleone I re d'Italia nominò cavaliere dell'Ordine della Corona di ferro il famoso sopranista Girolamo Crescentini nel 1809. Tale nomina fu all'epoca e successivamente, fino ai giorni nostri, citata dalle male lingue al fine di svalutare l'Ordine che Napoleone aveva istituito nel suo Regno d'Italia, e talvolta anche l'intero sistema di ricompense creato dall'Imperatore; ma cavalieri semplici della Corona di ferro, come Crescentini, furono anche i marescialli Moncey, Soult, Mortier, Ney, Davout, Lefebvre, Macdonald, Oudinot e Suchet. Dell'onorificenza di Crescentini parlò anche Napoleone ai suoi compagni di esilio, come riferisce Las Cases nel Mémorial de Sainte-Hélène, alla data del 6 e 7 ottobre 1816:
"Dans mon système, observait-il, de mêler tous les genres de mérite, et de rendre une seule et même récompense universelle, j'eus la pensée de donner la croix de la Légion d’Honneur à Talma; toutefois je m'arrêtai devant le caprice de nos moeurs, le ridicule de nos préjugés, et je voulus, au préalable, faire un essai perdu et sans conséquence: je donnai la Couronne de Fer à Crescentini. La décoration était étrangère, l'individu aussi; l'acte devait être moins aperçu, et ne pouvait compromettre l'autorité, tout au plus que lui attirer quelques mauvaises plaisanteries. Eh bien! résumait l'Empereur, voyez pourtant quel est l'empire de l'opinion et sa nature; je distribuais des sceptres à mon gré, l'on s'empressait de venir se courber devant eux, et je n'aurais pas eu le pouvoir de donner avec succès un simple ruban; car je crois que mon essai tourna fort mal? – Oui, Sire, a répondu quelqu'un, très mal. Il fit grand bruit dans tout Paris; il emporta l'anathème de tous les salons, la malveillance s'en donna à coeur joie, et fit des merveilles. Cependant, dans une des belles soirées du faubourg Saint-Germain, l'indignation qu'elle avait créée se trouva noyée tout à coup par un bon mot. C'était une abomination, disait un beau parleur, une horreur, une véritable profanation. Et quel avait pu être le titre d'un Crescentini? s'écriait-il. Sur quoi la belle Mme Grassini, se levant majestueusement de son siège, lui répliqua du geste et du ton le plus théâtral: 'Et sa blessoure donc, Monsieur, pour quoi la comptez-vous?' Ce fut alors un tel brouhaha de joie, d'applaudissements, que la pauvre Mme Grassini se trouva fort embarrassée de son succès."
"L'Empereur, qui entendait cette anecdote pour la première fois, en a beaucoup ri; il y est revenu souvent, et l’a parfois racontée à son tour".
Con i miei saluti più cordiali e più cavallereschi.
Emanuele Pigni

